Les Jeux olympiques de Rio battent leur plein. Ce billet est publié à mi-parcours… Les problèmes d’organisation anticipés semblent relativement sous contrôle d’après la couverture médiatique (les médias sont plutôt rapides à nous rapporter des problèmes; surtout quand ils sont « victimes » de ces problèmes). Est-ce que le Canada pourra réaliser son objectif de 19 médailles et une place parmi les 12 premiers pays pour le total des médailles? Un objectif ambitieux, mais réaliste.

On en a fait du chemin depuis 1976. Je ne sais pas si le Canada avait un objectif officiel pour les Jeux olympiques de Montréal. J’ai fouillé un peu, mais je n’ai rien trouvé. Considérant le niveau de développement du sport de haut niveau à cette époque, je présume que ça aurait été quelque chose du genre « Faire de son mieux et être meilleur que les Jeux précédents parce qu’on est à la maison » (la formulation aurait été certainement plus diplomatique).

À cet égard, on a réussi. Les athlètes canadiens ont remporté 11 médailles (5 d’argent et 6 de bronze); ce qui est nettement mieux que les cinq médailles remportées à Mexico (1968) et à Munich (1972). Heureusement qu’il y avait la natation puisque huit de ces médailles ont été remportées à la piscine (les trois autres en athlétisme, canoë-kayak et sports équestres). En 2016, on estime que les médailles pourraient provenir d’une quinzaine de disciplines; pas mal comme progression.

Encore une fois, on peut dire qu’il y a un peu de Montréal 1976 dans cet avancement. Cet extrait du Rapport officiel est éloquent : « Dans un pays nord-américain où les sports professionnels accaparent l'attention, où les aménagements de sport amateur sont souvent peu appropriés, où certains sports olympiques ne sont guère connus, la volonté d'organiser les Jeux relevait du défi et supposait une forte dose de confiance. Le COJO entendait bien combler les lacunes qui lui désignaient, une à une, les tâches à exécuter : affermir les structures sportives canadiennes; former des officiels et surtout des administrateurs; promouvoir la participation au sport chez les Canadiens; prévoir l'utilisation ultérieure des installations. »(*)

Les plus cyniques pourraient dire que le constat du COJO 1976 demeure d’actualité encore aujourd’hui. Certes, il y a et aura toujours des choses à améliorer. Mais il faut vraiment être de mauvaise foi pour nier la progression du Canada sur la scène sportive internationale et la place que les athlètes et le mouvement olympique occupent dans notre paysage sportif.

40 ans plus tard… On ne conteste plus vraiment l’importance de construire des infrastructures sportives. Les Olympiens et Paralympiens ont leur place sur la scène publique et médiatique. Le système sportif est structuré et bénéficie du soutien financier des gouvernements et du secteur privé. Les entraîneurs, intervenants et artisans peuvent maintenant prétendre à faire carrière (et à en vivre convenablement) dans ce milieu.

40 ans plus tard… Même avec l’été que l’on a, on passe du temps, devant notre téléviseur (ou sur nos appareils mobiles) pour suivre avec attention (certains avec passion, un peu comme moi), le parcours des athlètes qui sont à Rio aujourd’hui. Finalement, on a fait la même chose qu’en 1976. Bonne fin de Jeux!

(*) Source : Montréal 1976, Rapport officiel, Volume 1 – Organisation, p. 106

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