Ce que j’entends depuis la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Rio, c’est un joyeux mélange de « Pas déjà! », de « Enfin! » et de « Faut bien revenir à la vie normale. ». Personnellement, je suis dans la troisième catégorie. J’avoue avoir connu une certaine baisse de productivité durant la journée et avoir fait un excès de sofa en soirée.

Les athlètes nous en ont fourni des occasions de rester collé à notre télé puisque la récolte canadienne de médailles a commencé tôt et s’est poursuivie à un rythme soutenu jusqu’à la fin (ou presque). Ce n’est quand même par rien 22 médailles (4 d’or, 3 d’argent, 15 de bronze). Ça égale le meilleur résultat obtenu à Atlanta en 1996 (je sais, on en a eu 44 à Los Angeles en 1984, mais il y avait le boycottage des pays du Bloc de l’Est).

Et que va-t-on retenir de ces Jeux où l'on prédisait des catastrophes à la douzaine? Le retard dans la construction des installations, le chaos dans le transport, le manque de bénévoles, la violence, le zika et quoi encore… Ça n’a pas été parfait; comme dans tout événement. Parfois chaotique, comme l’eau verte du bassin de plongeon, mais rien de catastrophique. Finalement, les prophètes de malheur ont été confondus. Comme à chaque fois, les problèmes ont été occultés par l’entrée en scène des athlètes. On s’est tourné vers l’essentiel : apprécier leurs performances.

Ce que l’on va retenir, ce sera, encore une fois, des noms. À Montréal en 1976, c’était Nadia Comaneci, Greg Joy, Bruce Jenner et quelques autres. En 2016, quarante ans plus tard, ce sera Penny Oleksiak, Andre de Grasse, Michael Phelps, Usain Bolt. Des noms, mais surtout les émotions qu’ils nous ont procurées. On leur doit des émotions puisées dans la victoire et les exploits.

Mais les émotions ne sont pas que d’or, d’argent ou de bronze. Elles nous arrivent parfois de la défaite et de la déception. Beaucoup auraient voulu consoler le judoka Antoine Valois-Fortier ou la plongeuse Jennifer Abel. Tantôt, c’est la douleur, comme celle de la boxeuse Mandy Bujold qui est montée dans le ring après une nuit à l’hôpital pour soigner une gastro. Il y a aussi des émotions engendrées par la fierté, comme celle de Karen Paquin, fière d’avoir remporté le bronze en rugby, mais surtout fière d’avoir pu faire connaître son sport et donner le goût à plein de petites filles de la suivre sur le terrain. Les Jeux olympiques, c’est un nombre effarant d’histoires humaines présentées en dose massive. À Rio, c’était au moins 11 544 histoires. Nous n’avons vu que la pointe de l’iceberg.

Ces histoires, c’est ce qui fait la magie des Jeux olympiques. C’est ce qui fait que des gens pas vraiment intéressés par le sport d’habitude se laissent prendre au jeu (et par les Jeux). Parce que pendant les Jeux olympiques, on va bien au-delà de la litanie de statistiques et des trop communes analyses et descriptions techniques qu’on nous sert le reste du temps. Pendant les Jeux, on découvre ce qui est réellement important : les athlètes, leurs histoires et les émotions qu’ils nous procurent.

Photos : Comité olympique canadien / Penny Oleksiak, Andre de Grasse, Antoine Valois-Fortier, Jennifer Abel, Mandy Bujold, Karen Paquin

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