Il y avait beaucoup de Québécoises et de Québécois en activité lors des Jeux olympiques de Montréal. Surtout en compétition. Plus du quart (25,2 %) des 416 membres de la délégation canadienne provenait du Québec. Le plus gros contingent d’athlètes québécois jamais envoyé à des Jeux olympiques. La participation québécoise a doublé par rapport aux Jeux olympiques de Munich qui avaient eu lieu quatre ans plus tôt. Si on additionne les accompagnateurs, entraîneurs et officiels, les Québécoises et les Québécois ont composé 30 % du contingent sportif.

Cette évolution de la présence québécoise en une olympiade représente une évolution extraordinaire. Ce 30 % était important, car c’était l’objectif fixé par le comité « Mission Québec 76 ». On voulait que la participation soit proportionnelle à la population du Québec au Canada. À l’approche des Jeux olympiques de Montréal, un groupe d’intervenants sportifs a mis sur pied cet organisme qui s’était donné comme mission d’encourager les fédérations sportives à mettre sur pied des programmes de développement en s’assurant de la complicité de leurs entraîneurs.

Mission Québec 76 a aussi permis de saisir la place du Québec sur les scènes sportives canadienne et internationale. Il fallait comprendre notre réalité afin d’éviter les illusions, gérer les attentes et surtout réaliser le parcours qu’il fallait emprunter pour atteindre l’objectif de 30 %. Tous les acteurs du système sportif ont été sollicités pour mettre l’épaule à la roue et conjuguer les efforts vers cet objectif commun. Déjà très respecté, Jean Béliveau était membre du conseil d’administration de cet organisme présidé par Yvan Dubois. M. Dubois allait plus tard être connu comme le « Maire du Village olympique ».

Il a fallu faire preuve d’audace comme le démontre la décision du COJO(*) de recruter majoritairement des Canadiens comme officiels affectés à la conduite des compétitions en provenance. Une décision qui n’a probablement pas plu aux fédérations internationales puisque seulement 650 officiels sur les 2 300 provenaient de l’extérieur du Canada. Cette politique a contribué à l’atteinte de l’objectif de Mission Québec 76, car la moitié des officiels canadiens étaient du Québec. Il s’agit là d’un legs très important des Jeux de 1976, car ces officiels ont acquis une expérience unique qu’ils ont pu partager par la suite lors d’événements locaux.

Mission Québec 76 a tracé la voie. Le Québec s’est par la suite toujours distingué par sa façon de soutenir ses athlètes et le développement du sport de haut niveau. Aujourd’hui, c’est notamment par le Programme Équipe Québec du gouvernement du Québec que l’on contribue collectivement au développement des athlètes et de leurs entraîneurs. Lancé en 2003, ce programme vise à ce que les athlètes profitent d’une situation plus stable et veut favoriser la professionnalisation des entraîneurs en contribuant à l’amélioration de leurs conditions de travail. Signe supplémentaire de l’effet rassembleur du sport, le Programme Équipe Québec, créé par un gouvernement du Parti Québécois, a été maintenu lorsque le Parti Libéral est revenu au pouvoir.

De Mission Québec 76 au Programme Équipe Québec, un autre héritage des Jeux de la XXIe Olympiade.

(*) COJO : Comité d’organisation des Jeux olympiques

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