Sans qu’il le sache, je dois beaucoup au sauteur en hauteur Claude Ferragne. Il était une grande vedette en 1976; aussi populaire sinon plus que Guy Lafleur. Curieusement, malgré toutes mes années passées dans le monde du sport, je n’ai jamais rencontré Claude Ferragne; celui par qui tout a commencé pour moi. Je profite donc de cette tribune pour lui écrire…

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Monsieur Claude Ferragne,

Ça fait maintenant 40 ans que j’espère vous rencontrer. Au début, quand j’étais ado, c’était pour vous dire comment je vous trouvais bon et pour obtenir un autographe. Aujourd’hui, alors que je viens de goûter au bonheur de devenir grand-papa (gaga évidemment), c’est pour vous dire merci. Je veux vous dire « Merci! », car vous avez eu une influence déterminante sur ma vie.

Dans les années ‘70, comme la plupart des garçons de cette époque, je m’intéressais au sport : le hockey des Canadiens et le baseball des Expos. Sans vraiment réaliser quand, comment et pourquoi, votre nom est un jour apparu dans mon paysage. J’ai commencé à m’intéresser au saut en hauteur, à l’athlétisme et à ces « autres » sports, ceux que l’on appelait « amateurs » à l’époque. C’est comme un virus qui s’est faufilé en moi. Mon « virus » avait un nom : Claude Ferragne.

Ma passion pour ce milieu, pour les athlètes et artisans du sport, c’est beaucoup à vous que je la dois. Vous êtes le point de départ de mon éveil qui s’est confirmé lors des Jeux olympiques de Montréal. Je ne savais pas quelle tournure cela prendrait, mais je sentais que je voulais faire partie du « monde du sport ». J’aurais pu devenir éducateur physique (j’ai su plus tard que c’est ce que vous avez fait), mais ça n’a pas fonctionné. Je me suis tourné vers la récréologie, ce qui m’a permis de trouver un premier emploi dans une fédération sportive. J’avais maintenant les deux pieds dans ce « monde du sport » auquel j’avais rêvé.

J’ai alors commencé à comprendre le véritable sens de ce que vous m’avez fait découvrir. Autant chez les athlètes que chez les artisans, c’est la passion et le désir de dépassement des gens qui évoluaient dans votre monde. Monsieur Ferragne, vous avez semé les ingrédients qui allaient guider le reste de mes vies personnelle et professionnelle.

C’est pour cela que j’ai toujours gardé le contact (même si c’était parfois de façon éloignée) avec le monde du sport. J’ai eu le privilège d’accompagner de grands athlètes et de collaborer avec des organisations et des événements qui m’ont ramené (et me ramènent encore) aux sentiments que le « p’tit gars de St-Jean-de-Matha » a éprouvés quand il a découvert un grand gars de Montréal qui sautait par-dessus une barre.

Les athlètes n’inspirent pas seulement les plus jeunes à se mettre au sport. Vous, et tous ces grands athlètes qui vous ont suivi depuis 1976, vous donnez la permission de rêver, d’avoir une passion. Votre contribution va bien au-delà du sport. Elle change des vies… J’en suis la preuve.

Merci, Claude Ferragne d’avoir été aussi présent dans ma vie… même si on ne s’est jamais rencontré. Je vous en dois une... et une grosse!

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