Le Parc olympique dévoile les résultats de l’étude patrimoniale de ses installations par Docomomo Québec, pilotée par Mme France Vanlaethem, professeure émérite à l’École de design de l’Université du Québec à Montréal et présidente fondatrice de l’organisme. Le document, de plus d’une centaine de pages, commandé par la Régie des installations olympiques (RIO) et faisant suite au rapport du Comité-conseil sur l’avenir du Parc olympique, jette un nouvel éclairage sur le Parc, en soulignant le caractère patrimonial du site, hôte des Jeux olympiques de 1976.

Quatre valeurs patrimoniales
L’étude de Docomomo Québec a été réalisée selon la méthode de gestion par les valeurs, qui fait consensus parmi les organisations responsables du patrimoine au Québec. Elle est le fruit d’une analyse exhaustive de l’abondante documentation concernant les installations et retient notamment quatre valeurs patrimoniales rattachées au Parc olympique :

  • La valeur historique, faisant état des tous les événements sportifs ayant eu lieu dans ces installations intrinsèquement reliées à l’histoire de la métropole. L’histoire du Parc olympique et de son territoire est également l’histoire de Montréal et de ses nombreux chapitres reliés au sport amateur et professionnel, comme les cinq candidatures de la métropole pour l’obtention des Jeux olympiques, la présence des Expos de 1977 à 2004, ainsi que tous les grands événements sportifs ayant eu lieu au Stade olympique.

Le chantier des installations olympiques, le 20 août 1975

  • La valeur architecturale, qui souligne le caractère unique des installations du Parc, avec le concept privilégié. Le Stade olympique et son mât, servant à supporter un toit rétractable et dans le pied duquel est logé un centre de natation inondé de lumière. Sans oublier les techniques de construction révolutionnaires à l’époque, où le béton précontraint érigé en post-tension constituait une première pour un bâtiment de cette envergure.

Hissage de la toile rétractable du Stade olympique, avril 1987

  • La valeur urbaine des installations olympiques, dont la localisation au sud du parc Maisonneuve fut envisagée voilà près de cent ans, un choix confirmé dans les années 1960 afin de rééquilibrer le développement de la métropole, concentré à l’époque dans l’ouest. Quarante ans plus tard, cette valeur demeure pertinente alors que le quadrilatère du Parc olympique se positionne comme le seul pôle récréatif de l’est de Montréal et qu’il est encore visité par plus de trois millions de personnes à chaque année.

Vue aérienne du parc Maisonneuve et du site des Jeux olympiques de Montréal, 1969

  • Et, quatrièmement, la valeur emblématique : le Stade olympique et sa Tour sont devenus le symbole de la ville, et bon nombre d’événements sociaux de grande envergure ont eu lieu dans cet important amphithéâtre. À cela s’ajoutent les controverses ayant jalonné son histoire, ce qui fait de ce lieu un symbole fort, associé à l’histoire moderne du Québec avec ses bons et moins bons coups.

    61 000 spectateurs pour le match de l'Impact en finale de la Concacaf

« Cette étude nous sert de cadre de compréhension pour éclairer nos décisions quant à l’entretien de ces installations »,  affirme Michel Labrecque, président-directeur général de la RIO. « Il s’agit d’un guide qui nous permettra ainsi qu’à nos successeurs de donner un sens à nos interventions à court, moyen et long terme, afin de préserver l’esprit du lieu. Ce travail réalisé par Docomomo Québec s’inscrit également dans la foulée de la publication en 2012 du rapport du Comité-conseil sur l’avenir du Parc olympique, présidé par Mme Lise Bissonnette, dont l’une des recommandations suggérait qu’un tel exercice soit entrepris par la RIO », poursuit-il.

« Ce fut un honneur pour Docomomo Québec, de se voir confier une telle étude visant à établir la valeur patrimoniale du Parc olympique de Montréal », relate France Vanlaethem, de Docomomo Québec. « Notre équipe a privilégié une perspective ample, en élargissant le champ d’étude avant la construction des installations. Nous avons cerné la signification du Parc olympique de Montréal à la croisée de l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme, de l’histoire urbaine et de l’histoire du sport et en tenant compte de l’accueil fait aux installations sportives conçues par l’architecte Roger Taillibert, autant par l’édition spécialisée en architecture que par la presse quotidienne ».

Prochaines étapes
Des stèles informatives ont été installées sur le site du Parc olympique. Elles reprennent des grands pans de l’étude patrimoniale, bonifiant ainsi les parcours touristiques déjà offerts aux visiteurs, en plus de faire connaître le travail de recherche de Docomomo Québec.

Cette démarche éducative s’inscrit aussi dans le rôle de la RIO, comme le mentionne Michel Labrecque : « En tant que société d’État, nous avons un devoir d’exemplarité.  Notre rôle de fiduciaire des installations olympiques comprend l’évaluation d’un bien public à tous les niveaux afin de bien saisir l’importance de cet équipement. La signification historique et culturelle de ces équipements renvoie à de nombreuses prouesses – techniques, sportives, organisationnelles –, à plusieurs moments de gloire et de plaisirs collectifs, mais aussi à des tensions politiques et sociales et épisodes affligeants. Le Parc olympique fait aujourd’hui partie de notre mémoire collective, et il est important de le souligner ».

Une des huit stèles informatives installées sut le site

L’intégralité de l’étude patrimoniale du Parc olympique est disponible en format numérique sur le site Web du Parc (pdf, 60 Mo) pour consultation publique.