Foire aux questions

Une foule de questions sont fréquemment posées au Parc olympique de Montréal concernant le toit du Stade olympique. Pour mieux partager les réponses qui sont fournies, cette foire aux questions a été créée. Elle sera mise à jour régulièrement au gré non seulement de l’actualité, mais aussi des questions qui émergeront.

D’où vient l’idée d’un toit rétractable?

Dès la fin des années 1920, la Ville de Montréal commence à poser sa candidature pour organiser les Jeux olympiques. Elle tente sa chance pour les olympiades de 1932 (Lake Placid), 1940 (annulées en raison de la guerre), 1944 (annulées en raison de la guerre), 1956 (Melbourne) et 1972 (Munich) sans succès.

Pour recevoir les plus grands athlètes du monde, la construction d’un stade qui répondrait aux plus hauts standards internationaux est envisagée dans le parc Maisonneuve dès la fin des années 1930[1], d’après l’étude patrimoniale du Parc olympique de Montréal réalisé en 2017. Les plans du Centre sportif de l’Est qu’a réalisés en 1939 l’architecte-paysagiste Frederick G. Todd en témoignent.

Dès son premier mandat à la mairie de Montréal, de 1954 à 1957, Jean Drapeau caresse le projet de bâtir un stade qui permettrait à la métropole d’organiser des événements grandioses, comme les Jeux olympiques et des matchs de sports professionnels. Son administration demande d’ailleurs à la firme américaine Clarke & Rapuano[2] de redessiner les plans du Centre sportif de l’Est.

Jusqu’en 1966, la Ville de Montréal propose un stade couvert d’un dôme, mais pour mousser sa candidature devant le Comité International Olympique (CIO), elle envisage une enceinte à ciel ouvert[3].

En 1968, l’année où la Ligue majeure de baseball (MLB) doit décider quelles villes accueilleront des équipes d’expansion, la construction d’un toit amovible fait désormais partie des plans. Et Montréal obtient une franchise. Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Gerry Snyder, confie au quotidien Le Devoir[4] que la promesse faite par Montréal de bâtir un stade coiffé d’un toit rétractable avait pesé en sa faveur devant la MLB.

Deux ans plus tard, en 1970, le CIO choisit Montréal comme ville hôte des Jeux olympiques de 1976. Son dossier de candidature précise notamment qu’un stade, dont le toit pourra être retiré et remis en place au gré des épreuves, sera érigé. La même année, l’administration du maire Drapeau entre en contact avec l’architecte français Roger Taillibert, qui a dessiné le Parc des Princes et la piscine du boulevard Carnot, à Paris, dont le toit est rétractable. Sa nomination est officialisée en 1972.

Pourquoi le Parc olympique ne respecte-t-il pas le projet de toiture dessiné par Roger Taillibert?

La toiture imaginée par Roger Taillibert en 1975 n’a jamais pu être réalisée comme prévu. Le plan initial consistait à construire un toit rétractable qui s’ouvrirait à la verticale et dont la majorité du poids serait supportée par une structure en hauteur. Il n’existe pas sur la planète un tel toit rétractable pour une enceinte de l’envergure du Stade olympique. Le seul équipement s’en approchant est la toiture de la piscine du boulevard Carnot, à Paris, qui s’avère 20 fois plus petite que celle du Stade olympique. Au-dessus des très grands bâtiments, les toits rétractables s’ouvrent habituellement à l’horizontale grâce à un système de chariots ou de pont roulant.

Qui plus est, ni M. Taillibert ni aucun autre architecte dans le monde n’a jamais reproduit le concept de toiture rétractable à la verticale à la suite de la construction du Stade olympique.

Ces observations amènent le Parc olympique à la conclusion que la rétractabilité comme envisagée par Roger Taillibert demeure un prototype. Compte tenu de ces éléments, les risques liés à la réalisation d’un ouvrage d’une telle complexité sont beaucoup trop élevés.

Le Parc olympique a officiellement opté, en 2021, pour une toiture fixe afin de répondre à ses besoins opérationnels 365 jours par année.

Pourquoi les plans de Roger Taillibert n’ont-ils pas été respectés à l’époque de la première toiture?

La construction du Stade olympique a été semée d’embûches, comme en témoignent de nombreux livres d’histoire ainsi que le rapport du juge Albert H. Malouf, rédigé à la suite de la Commission d’enquête sur le coût de la 21e Olympiade.

Lorsque la Régie des installations olympiques (RIO) est créée en 1975, le maire de Montréal, Jean Drapeau, perd la gestion du chantier, et l’architecte du Stade olympique, Roger Taillibert, est remercié. S’ensuit une course contre la montre afin d’achever la construction de l’enceinte principale et de pouvoir y organiser les Jeux olympiques de 1976. La Tour, quant à elle, devra attendre, car le temps presse et il s’avère impossible de la terminer avant le début des compétitions internationales.

Une fois les Jeux olympiques terminés, un moratoire est décrété par l’Assemblée nationale sur la construction des installations olympiques, le temps de la tenue de la commission d’enquête présidée par le juge Malouf, annoncée le 13 juillet 1977. En septembre 1978, les audiences commencent et elles prennent fin 9 mois plus tard, en mai 1979. Le rapport du juge Albert H. Malouf est remis en juin 1980 au gouvernement du Québec.

Entre-temps, la RIO cherche une solution : mât tronqué, toit fixe ou appui central? Toutes les idées sont mises de l’avant, mais aucune n’est retenue.

L’historien Benoît Clairoux, auteur du livre Le Parc olympique, 40 ans d’émotions, résume la suite :

« En janvier 1985, le gouvernement du Québec approuve finalement le parachèvement du Stade olympique selon le concept original. Le contrat, d’une valeur de 117 millions de dollars, est octroyé à la firme d’ingénierie Lavalin via sa filiale Socodec. Il s’agit d’un contrat clé en main, qui inclut une garantie de dix ans sur l’ouverture et la fermeture du toit. Les ingénieurs québécois apportent toutefois plusieurs changements aux plans originaux de l’architecte Roger Taillibert, le plus important étant le choix de l’acier plutôt que le béton pour les derniers 77 mètres de la Tour, ce qui permet d’en réduire le poids[5]. »

En 1986, la Tour est ainsi achevée, selon les plans de Roger Taillibert, à l’exception de la portion en acier. La toile de Kevlar, d’un poids de 65 tonnes, entreposée à Marseille, puis sous les estrades du Stade olympique, est hissée le 15 avril 1987. Elle présente rapidement plusieurs problèmes techniques, ce qui entraîne des déchirures – notamment pendant des épisodes de vents violents et des manœuvres de démontage – et une usure prématurée.