Crédit : Fonds La Presse, BANQ

Hochelaga-Maisonneuve, fondé en 1863 en tant que municipalité de village, possède une riche histoire dont peu de gens connaissent les secrets. Incursion dans ses archives.

Son nom a plusieurs significations

Le 3 octobre 1535, dans ce qui deviendrait un jour la ville de Montréal, Jacques Cartier visite un certain village autochtone : Hochelaga. Ce village n’était pas situé dans les limites actuelles du quartier : les archives démontrent qu’il était plutôt au pied du mont Royal ou peut-être près du fleuve Saint-Laurent. Hochelaga serait une variante de mots iroquoiens qui signifient « sentier des castors » ou « gros rapides ». Son nom est resté et désigne aujourd’hui le populaire quartier de l’est de la ville.

Sa population est relativement jeune

L’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve abrite 154 036 personnes selon les chiffres les plus récents. Dans la circonscription électorale provinciale d’Hochelaga-Maisonneuve, la tranche d’âge la plus représentée est celle des 30-39 ans, qui représente près d’une personne sur quatre. Les 20-29 ans suivent, avec près d’une personne sur cinq.

Le biscuit Whippet y a été inventé

Le fameux Whippet, fait d’un biscuit croustillant et d’une guimauve enrobés de chocolat, a été inventé par la biscuiterie Viau, autrefois située aux coins des rues Ontario et Viau. Le biscuit a été créé en 1927 et on le retrouve encore sur les tablettes aujourd’hui, bien qu’il soit maintenant produit par l’entreprise ontarienne Les aliments Dare.

Crédit : Viau & Frère, biscuiterie Viau. 1894. Can. Photo-Enr., BANQ

On y produit (encore) du sucre, des cigarettes et des levures

Le quartier Hochelaga a longtemps été à vocation ouvrière, et de nombreuses usines y étaient installées. Si plusieurs ont disparu du paysage, d’autres sont encore présentes. Impossible de manquer la raffinerie de sucre Lantic en passant sur la rue Notre-Dame, tout juste à l’ouest du boulevard Pie-IX, en activité depuis 1887. Il y a également l’usine JTI-Macdonald, située sur la rue Ontario Est, qui fabrique des produits du tabac depuis le milieu du 19e siècle. Lallemand, une usine de la rue Préfontaine, produit pour sa part des levures depuis 1923 (c’est pour ça qu’il y a parfois une drôle d’odeur dans ce secteur!).

La souffleuse à neige, une invention du quartier

C’est dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve qu’une invention très utile pendant les hivers québécois a vu le jour. En effet, la souffleuse à neige y a été inventée par Arthur Sicard dans les années 1920.

Jean Coutu y a ouvert sa première succursale au Québec

C’est le 2 juin 1969 que Jean Coutu et son associé, Louis Michaud, ont ouvert les portes de leur première pharmacie au coin des rues Sainte-Catherine et Aird. Aujourd’hui, le traiteur Agrigourmet est installé dans ce local, mais un Jean Coutu se trouve à deux minutes de marche.

La première braderie de la rue Ontario a eu lieu en 1955

L’été, de nombreuses braderies ainsi que des festivals d’achat local ont lieu sur les rues Ontario et Sainte-Catherine Est, ce qui attire les gens du quartier et d’ailleurs en quête de bonnes affaires. Il faut savoir que cette tradition ne date pas d’hier : la toute première vente-trottoir de la rue Ontario a été tenue dans les années 1950. À l’époque, déjà, c’était la principale artère commerciale du quartier. 

Crédit : Rue Ontario. Fonds La Presse, BANQ

Le square Dézéry est son plus vieux parc

Le petit bout de terrain situé au coin des rues Sainte-Catherine et Dézéry a eu de multiples vocations avant de devenir l’espace vert qu’on connaît aujourd’hui. On y a vu se succéder une chapelle, des bureaux municipaux, un marché public et, enfin, un parc. C’est en 1903 que les citoyens ont demandé à la Ville de Montréal de le transformer en parc public, ce qui a été fait la même année.

La première chanteuse populaire du Québec y a résidé

En 1929, la crise économique touche particulièrement les familles ouvrières dans Hochelaga-Maisonneuve. Une résidente de la rue Letourneux, Mary Travers, met alors en chansons les années dures de la crise et le quotidien des familles ouvrières. Elle devient alors la première chanteuse populaire du Québec et enregistre une quarantaine de disques 78 tours entre 1929 et 1939. Son nom d’artiste? La Bolduc!