Autre article de la série Montréal 1976
Une victoire historique : Montréal accueillera l’élite sportive mondiale en 1976
En avril 1972, la Ville de Montréal dévoile devant la presse internationale la première maquette du futur Stade olympique : il s’agit d’un bâtiment ellipsoïdal ressemblant à un gigantesque coquillage, ouvert au centre et surmonté d’un mât habitable de 175 mètres de haut. Une œuvre audacieuse de l’architecte français Roger Taillibert.
C’était le début de la grande aventure de la construction des installations olympiques!

QUELQUES RÉALISATIONS DE TAILLIBERT
Complexe sportif préolympique, Font-Romeu, France (1966)
Piscine couverte de Deauville, France (1966)
Stade du Parc des princes, Paris, France (1972)
Parc olympique de Montréal, Canada (1974-1987)
Club des officiers, Abu Dhabi, Émirats arabes unis (1987-1997)
Aspire Dôme, Doha, Qatar (2001-2005)
La première pelletée de terre
Le 28 avril 1973, le chantier du Parc olympique est inauguré. L’excavation n’eut toutefois pas lieu sans défis : le terrain s’avéra de moins bonne qualité que prévu, nécessitant l’injection de béton dans les fissures ainsi que la révision complète des fondations des bâtiments.
À la fin des travaux de terrassement, en décembre 1973, environ 2 120 000 mètres cubes d’argile et de calcaire avaient été retirés du sol!


Le Stade olympique, chef-d’œuvre d’architecture et d’ingénierie
Le 5 août 1974 marque le début de la construction du Stade olympique. Les premiers piliers du Stade, coulés sur place, surgissent du sol.



Le Stade est composé de 12 000 pièces de béton, ajustées et assemblées avec précision. Sa structure, formée de 34 consoles et quatre demi-consoles disposées en ellipse, est en équilibre : l’arrière sert de contrepoids à l’avant, éliminant les supports intermédiaires. Pour lui donner forme, pas moins de 71 500 mètres cubes de béton et 1 000 kilomètres de câbles d’acier sont nécessaires!




Les mois passent et les travaux avancent. Toutefois, on rencontre des problèmes : difficultés techniques, explosion du prix de l’acier, vols de matériaux, grèves… La facture gonfle et les retards menacent la tenue des Jeux olympiques. La Régie des installations olympiques (RIO – maintenant le Parc olympique) est donc créée le 20 novembre 1975, avec pour mandat de compléter les installations olympiques.


La RIO prend des mesures énergiques. La priorité est donnée aux travaux essentiels à la tenue des Jeux, tandis que certains projets, comme la construction du mât, sont reportés à plus tard. La productivité atteint enfin des sommets sur le chantier. On livre non seulement les installations essentielles, mais aussi certains projets secondaires. La course contre la montre est gagnée : les Jeux ont bien lieu le 17 juillet 1976!




Le Vélodrome, une prouesse technique
La construction du Vélodrome de Montréal (maintenant le Biodôme) débute le 27 août 1974, et de façon spectaculaire : par le toit!
L’édifice est constitué d’une coque de béton précontraint de 172 m (la voûte), qui repose en équilibre sur quatre points d’appui (les culées). Son installation nécessite une opération de décintrement inédite : la voûte de 41 000 tonnes est soulevée, les échafaudages sont retirés, puis elle est délicatement déposée sur les culées. Une première mondiale à l’époque!


Une fois le toit du Vélodrome terminé en 1975, on installe les gradins pouvant accueillir 7 500 spectateurs. La charpente et la piste suivent. Cette dernière, constituée d’afzelia, un bois dur du Cameroun, est inclinée de 13 à 48 degrés.


VINGT-CINQ SITES OLYMPIQUES
7 NOUVEAUX SITES DE COMPÉTITION
15 SITES DÉJÀ EXISTANTS
2 SITES TEMPORAIRES
1 VILLAGE OLYMPIQUE
Sous le mât, un complexe aquatique spectaculaire
Les piscines olympiques (maintenant le Centre sportif du Parc olympique) sont aménagées au pied du mât du Stade olympique. Leur construction débute en 1975, lorsque celui-ci est suffisamment avancé.


Sous la voûte, baignée de lumière naturelle grâce aux lanterneaux, 2 500 sièges permanents et 7 500 sièges temporaires prennent place aux abords des bassins de compétition et de plongeon pour ne rien manquer de l’action. Sous les gradins permanents, un bassin d’entraînement de 50 m sert à la préparation des athlètes.

Le plus grand bassin d’aviron artificiel en Amérique du Nord
L’aménagement du Bassin olympique, situé sur l’île Notre-Dame, représente un défi de taille. Les travaux exigent d’importants remblais et la mise en place d’installations techniques de pointe pour l’époque : tours de départ et d’arrivée, voies balisées et gradins temporaires pour des milliers de spectateurs. Avec ses 2,2 km de long, 110 m de large et 2,5 m de profondeur, il est conçu pour accueillir les épreuves d’aviron et de canoë-kayak. Ses gradins permanents accueillent 3 000 personnes et, grâce aux installations temporaires, jusqu’à 30 000 spectateurs pendant les Jeux. Un site à la hauteur des ambitions olympiques de Montréal!


Le Village olympique, milieu de vie de 6 084 athlètes
Le Village olympique est formé de deux immeubles pyramidaux de 19 étages chacun. Il comprend 980 appartements entourés de terrasses, destinés à loger l’ensemble des délégations, à l’exception des athlètes des compétitions équestres et de voile.


Il propose une diversité de services, tels que des boutiques, des salons de coiffure et une banque. On y retrouve également des espaces de divertissement, dont un cinéma, une salle de musique, une piscine et même une discothèque!
Les travaux de construction débutent en décembre 1974 et s’achèvent le 15 mai 1976. Le Village est alors fin prêt à accueillir les 6 084 athlètes venus des quatre coins du monde!




D’autres nouveaux sites complètent le portrait
Quelques autres infrastructures permanentes voient le jour pour les Jeux olympiques. À Montréal, le Centre Étienne-Desmarteau accueille les épreuves de basketball, tandis que le Centre Claude-Robillard est conçu pour les compétitions de handball et de water-polo. À Bromont, le Centre équestre olympique complète cet héritage sportif.

Crédit : Comité International Olympique (CIO)

Crédit : Comité International Olympique (CIO)
La construction des infrastructures olympiques a marqué un tournant dans l’histoire du sport au Québec. Depuis 1976, ces infrastructures dépassent le simple héritage architectural et offrent des installations de calibre international à des milliers d’athlètes d’ici et d’ailleurs. De véritables tremplins, elles voient naître des vocations et grandir des générations entières d’athlètes, amateurs comme professionnels. Encore aujourd’hui, elles prouvent qu’à Montréal, l’esprit olympique est toujours bien vivant.