Les années 1960 vibrent au rythme du progrès et de l’ambition. Jean Drapeau, alors maire de Montréal, vient de marquer l’imaginaire collectif grâce à la présentation de l’Expo 67, couronnée de succès. Voulant profiter de cet élan, le maire en veut encore plus pour sa ville : il veut accueillir des Jeux olympiques.

C’est à Amsterdam, en mai 1970, que les 70 membres du Comité international olympique (CIO) créent la surprise et élisent la métropole québécoise au deuxième tour contre Moscou, après l’élimination de Los Angeles au tour précédent. C’est officiel, Montréal accueillera l’élite sportive mondiale en 1976!

Mais ce rêve n’était pas nouveau. L’idée de voir Montréal accueillir les Jeux olympiques flottait déjà dans l’air depuis des décennies. Sous le mandat du maire Camillien Houde, la ville avait d’ailleurs soumis sa candidature pour les Jeux de 1956. Elle faisait partie des dix villes en lice pour leur obtention, mais ceux-ci ont finalement été attribués à Melbourne.

Comité International Olympique – 1976
Archives de la Ville de Montréal

Drapeau rallume la flamme

En novembre 1963, Jean Drapeau est en visite aux bureaux du CIO à Lausanne. L’idée d’accueillir les Jeux à Montréal refait surface. Lorsqu’il y retourne, un an plus tard, c’est l’étincelle qu’il lui fallait pour redémarrer le projet. L’objectif : obtenir les Jeux de 1972. Munich sera toutefois la ville choisie par le CIO pour ces Jeux.

Ce revers ne décourage pas l’équipe montréalaise, qui peaufinera sa candidature et continuera à faire des représentations auprès de la communauté sportive internationale. En 1970, le rêve devient réalité, et Montréal devient la première ville canadienne à faire son entrée dans le club sélect des villes olympiques!

« Je n’ai pas été surpris, mais j’étais infiniment heureux et l’émotion avait le même effet que la surprise », a confié Jean Drapeau à Radio-Canada, après l’annonce de la sélection de sa ville pour accueillir l’édition de 1976.

Une victoire qui a vite fait oublier la défaite contre Munich quatre ans plus tôt.

« Je crois que c’est cette preuve qui a été faite de la persévérance, de l’endurance et de la ténacité, pour employer les trois expressions du Baron de Coubertin. »

Drapeau rêvait de voir la jeunesse québécoise vivre au rythme de l’Olympisme. Ce qu’elle fera, six ans plus tard, alors que les yeux du monde entier se tourneront vers Montréal.

Crédit : Comité International Olympique – 1976