Crédit : Fonds d’archives du COJO

Les Jeux olympiques de Montréal de 1976 ont marqué l’histoire à bien des égards. Mais derrière les exploits sportifs et les grandes cérémonies se cachent aussi une foule d’histoires étonnantes, parfois ingénieuses, parfois complètement improbables!

Place à 10 faits inusités qui vous feront découvrir les Jeux sous un tout autre jour.

1. Des prisonniers appelés en renfort au Stade olympique

Terminer le Stade olympique à temps pour les Jeux est une véritable course contre la montre. Le chantier accuse d’importants retards et les sièges, qui devaient être installés sur une période d’un an, doivent finalement être posés en un mois!

Mais où trouver suffisamment de personnel alors que les chantiers olympiques mobilisent déjà la main-d’œuvre? La solution est plutôt inusitée : faire appel à des centres de détention pour obtenir l’aide de prisonniers!

Ainsi, de 50 à 100 détenus sont amenés en autobus chaque jour au Stade pour participer à l’installation des dizaines de milliers de sièges. Quelques petits criminels en profitent même pour s’évader! Malgré ces quelques imprévus, l’opération porte ses fruits : les gradins sont prêts à temps pour la cérémonie d’ouverture des Jeux.

2. La Roche des vestiaires olympiques

Lors des travaux d’excavation commencés en 1973, plus de deux millions de mètres cubes d’argile et de calcaire ont été extraits du site pour permettre la construction du Stade. Toutefois, dans un vestiaire des athlètes sous les piscines olympiques, on n’a pas cru bon dynamiter une partie du sol.

La Roche a donc été laissée en place dans les vestiaires, défiant les plans des ingénieurs et devenant un témoin du sol sur lequel furent construites les installations olympiques. Elle s’y trouve d’ailleurs encore aujourd’hui!

3. La Tour n’était pas terminée

En raison de grèves répétées pendant la construction du Stade olympique, les travaux ont pris du retard. Au moment des Jeux, la Tour n’était érigée qu’à 72 m, bien loin de sa hauteur actuelle de 165 m, qui en fait la plus haute tour inclinée du monde.

Crédit : © 1976 / Comité International Olympique (CIO)

4. Le relais de la flamme… par satellite!

Allumée à Olympie, la flamme parcourt la Grèce jusqu’à Athènes, où un dispositif inédit capte ses particules ionisées pour les transformer en impulsions transmises par satellite jusqu’à Ottawa. Un rayon laser rallume alors la flamme sur la colline du Parlement : une première mondiale.

Le relais démarre ensuite vers Montréal, où la flamme illumine toute la nuit le sommet du mont Royal avant d’entrer dans le Stade olympique. En parallèle, un deuxième convoi rejoint Kingston, hôte des épreuves de voile, transportant la flamme à pied, à vélo et même en canot!

5. Un simple briquet pour rallumer la flamme olympique

Le 27 juillet 1976, un orage soudain a éteint la flamme de la vasque du Stade olympique. Pris de court, un organisateur l’a rallumée avec un simple briquet – un geste contraire au protocole olympique. L’erreur a aussitôt été corrigée en éteignant la flamme et en la rallumant avec la flamme de secours officielle!

6. Le tableau incapable d’afficher le 10 parfait de Nadia Comăneci

Le 18 juillet 1976, au Forum de Montréal, Nadia Comăneci entre dans l’histoire en obtenant le premier 10 parfait en gymnastique olympique. Seul problème : le tableau indicateur n’est pas capable d’afficher sa note!

Selon les dires, le fabricant du tableau avait demandé à la Fédération internationale de gymnastique s’il fallait prévoir quatre chiffres pour pouvoir afficher « 10,00 ». On lui aurait répondu qu’une telle note était impossible.

Résultat : lorsque Comăneci décroche son 10 parfait, le tableau affiche plutôt « 1,00 ». Le public reste momentanément perplexe avant de comprendre qu’il vient d’assister à un moment historique!

Si tout le monde se souvient de Nadia Comăneci, la Soviétique Nellie Kim a aussi obtenu deux notes parfaites en 1976 – des exploits restés largement dans l’ombre.

Crédit : Fonds d’archives du COJO

7. L’épée truquée de Boris Onishchenko

Lors d’un duel d’escrime du pentathlon moderne, le Soviétique Boris Onishchenko marque un point contre le Britannique Jim Fox, qui affirme pourtant ne pas avoir été touché. Un doute avait déjà été soulevé lors d’un duel précédent contre un autre adversaire, mais une première vérification de son épée n’avait rien révélé.

Cette fois, l’arme est démontée et le pot aux roses est découvert : un mécanisme caché dans la poignée permet à Onishchenko d’appuyer sur un interrupteur pour déclencher le signal électronique d’une touche, sans atteindre son adversaire!

Reconnu coupable de tricherie délibérée, Onishchenko est disqualifié. Ses coéquipiers peuvent poursuivre la compétition individuellement, mais l’équipe soviétique, qui avait remporté l’or à Munich quatre ans plus tôt avec Onishchenko, est du même coup éliminée du classement par équipes.

8. Le drapeau du Québec, un mystère non résolu

À la dernière compétition de sports équestres, qui avait lieu au Stade olympique, un drapeau du Québec est mystérieusement apparu accroché au toit, aux côtés de ceux des autres pays. Il est resté en place jusqu’à la cérémonie de clôture, sans autorisation officielle. On soupçonne un groupe souverainiste d’avoir réussi l’exploit, mais personne n’a jamais confirmé en être responsable.

Crédit : Fonds d’archives du COJO

9. Une princesse parmi les athlètes

La famille royale britannique n’était pas seulement au Québec pour l’inauguration des Jeux par la reine Élisabeth II : la princesse Anne, fille de la reine et du prince Philip, y participait aussi comme athlète!

Membre de l’équipe britannique d’équitation, elle a pris part au concours complet avec Goodwill, un cheval appartenant à sa mère. Au programme : dressage, épreuve de fond (cross-country) et saut d’obstacles.

Bien qu’elle n’ait pas remporté de médaille, sa participation est tout de même entrée dans l’histoire : jamais auparavant un membre de la famille royale britannique n’avait participé aux Jeux olympiques comme athlète!

10. Le coureur nu de la cérémonie de clôture

Lors de la cérémonie de clôture, un homme nu a surgi parmi les 500 danseuses. L’incident a provoqué la stupéfaction générale et est devenu l’une des anecdotes les plus connues des Jeux.

Crédit : Paul Taillefert